L’intégration de la nature cyclique des femmes dans leur accompagnement thérapeutique

Femmes

Nous sommes 6 thérapeutes, 6 femmes à nous retrouver à l’atelier proposé par Brigitte Laurent, Analyste Psycho organique à Narbonne, dans le cadre des ateliers organisé par la Sofrapsy. Elle travaille depuis des années sur les problématiques du féminin : le rapport au corps, la relation mère fille, la sexualité…

Il s’agit du deuxième atelier de l’année proposé par la Sofrapsy. Le premier, en janvier 2015, portait sur la place tenue par la méditation de pleine conscience (MBSR) comme outil professionnel utile à la posture du thérapeute. Il était animé par Elisabeth Petit Lizop, thérapeute APO à Paris.

Cette fois-ci, il s’agit d’une transmission sur un sujet qui concerne la moitié de la population mondiale : la prise en compte de la nature cyclique des patientes dans leur processus thérapeutique.

Il en va de l’estime de soi de la femme. C’est dire l’enjeu du sujet qui, pour autant qu’il soit ambitieux, profond, mais encore précurseur, aurait aussi pu plus poétiquement s’intituler… Fleurs de Lune, cyclicité et féminité, quelle spécificité dans l’accompagnement thérapeutique de nos patientes ?…

Cette thématique est celle d’une zone encore peu explorée qui serait celle de l’impact de la nature cyclique de la femme dans son rapport au monde.

Cet atelier, Brigitte nous le propose comme une balade mais aussi une journée où se faire du bien.

Comment faire un résumé structuré de ce que nous avons reçu ce samedi tant elle transmet avec un enthousiasme incarné, tant elle est habitée de convictions étayées par une longue expérience clinique et des apports théoriques variés ?

Il n’est pas question ici question de tenter un exposé exhaustif mais de brosser un tableau des tonalités de cette journée de formation sous forme de questions et d’une restitution très partielle du contenu.

Brigitte, pour démarrer, insiste sur la nature cyclique de la femme et sur les conséquences de cette nature dans le rapport que la femme entretient avec la société occidentale actuelle. En effet, de par sa nature la femme est en décalage avec le monde dans lequel elle vit, par l’acte et la  pensée. Pourquoi ? Parce que notre société fonctionne sur une conception du temps et des modes de raisonnement linéaires : une fois passé du point A au point B, la notion de « revisite » a peu de sens voir une connotation régressive péjorative. Or, par sa nature cyclique, la femme est poussée par une nécessité de « revisite » et peut donc se sentir condamnée à un surplace voir à un « tourner en rond » stérile alors que de par sa nature elle évolue suivant une autre dynamique temporelle.

Nous voilà au cœur du sujet car tout chez la femme est cycle, cercle et donc « revisite », avec, à chaque nouveau passage, l’opportunité d’une transformation de la naissance à l’adolescence, puis de la « maternalité » à la ménopause et enfin du grand âge à la mort. Cette alternance, vie-mort-vie, chère à Clarissa PINKOLA ESTES, l’auteure de « Femmes qui courent avec les loups » est reprise par Brigitte.

Comment rendre compte de la vitalité de la transmission de Brigitte afin de la diffuser, d’en faire profiter le plus grand nombre de thérapeutes ?

Le texte qui suit porte cette motivation sous forme de questions.

Comment et pourquoi la mère peut, doit accompagner la jeune fille lors de ses premières règles (les ménarches) ?

Comment réparer les défauts d’accompagnements, les manques voire les maltraitances qui ont pu se produire alors et qui sont source aujourd’hui de souffrance mensuellement répétées parfois durant 40 ans de vie et transmise ?

Comment faciliter la transmission de femmes à femmes, de mères à filles de cet évènement qui fait entrer la jeune fille dans l’âge où, physiologiquement la transmission de la vie est possible ?

Pourquoi le rôle du père est central au passage de la puberté pour la jeune fille ?

Comment se fait-il, alors que les menstrues constituent un rendez-vous physiologique que 80 % des femmes souffrent physiquement et/ou psychologiquement au moment de leurs règles ?

A noter que …

La composition des menstrues comporte des fragments de muqueuse, de cellules nourricières, de cellules souches, d’anti corps, de sels minéraux etc..,

Pourquoi est-il indispensable à 3 ans et juste avant la puberté, de parler à la fille (au garçon) de ses organes génitaux, de leurs rôles dans la transmission et le plaisir ?

Se pourrait-il que les femmes, « éduquées » accouchent sans souffrir ?

Quelle sexualité entre homme et femme quand, consciente de la nature sacrée de son corps, elle peut devenir son initiatrice ?

Brigitte démontre comment le discours « pathologisant » transforme en maladie, en troubles, en dysfonctionnement à soigner ce qui appartient à la vie même d’une femme.

Deux exemples :

*La pilule est aujourd’hui prescrite sans informations sur ses effets secondaires et, surtout, pour des motifs divers souvent très éloignés du but contraceptif (…comme avoir des cycles réguliers !!). Pourtant, en gommant le jeu des productions et des feed-backs hormonaux qui modifient l’état énergétique de la femme, la voici privée d’un dialogue intérieur : celle de la compréhension d’elle-même et de son rapport au monde par le vécu de son cycle. Faute de connaissance et d’accueil de ses états changeants, « lunatique » la femme devient une «  dépressive » ou une « emmerdeuse » un être imprévisible, instable, dérangeant pour elle et son entourage.

On sent bien là qu’il s’agit aussi de mettre en œuvre un « système » à aseptiser pour se protéger de cette nature indomptable et puissante du vivant peu conforme à un monde matérialiste et marchand régit par le contrôle et le calibrage.

Pourtant, quelle serait la richesse d’une vie, d’un monde où la femme fière et instruite de sa spécificité entrerait en relation avec lui dans un dialogue sage ?

*D’une autre façon, la ménopause dépeinte, comme une déchéance honteuse dans nos sociétés industrialisées devient un « cauchemar » à traquer pour la femme tant elle renvoie, faute de connaissance là encore, à une nuit sans lune hantée par les rides, l’humeur acariâtre, le désert hormonal et libidinal, la cellulite…

Pourtant, cette étape de la vie est un automne, saison de haute créativité dont elle et son entourage pourrait bénéficier.

Brigitte défend la nécessaire information voir éducation à apporter aux femmes en thérapie.

Comment pour la femme le manque de connaissance de son appareil génital et de son fonctionnement peut être à l’origine de représentations déformées qui font écran à l’estime d’elle-même, à la fierté de son sexe mais aussi au vécu de la sexualité et à l’accès à la maternité ?

Quel rôle le thérapeute peut- il jouer pour permettre l’accès à cette richesse du féminin en accompagnant la femme aux différentes étapes de sa vie, durant son cycle, pour qu’elle identifie puis répare si nécessaire et vive avec ce qui est sa nature ?

Jonglant de concepts en expérientiels, de photos en marionnettes telle que la « vulva puppet » en direct de Californie (na pas loupez la photo ci jointe en fin de texte ! 🙂 …, Brigitte nous a emmenées en balade.

Excursion joyeuse et émouvante tissée de témoignages de processus, de dessins réalisés par ses patientes se réappropriant leurs corps, en analyses de son expérience de clinicienne et en références bibliographiques (ci-jointe).

Aujourd’hui, déjà hier, s’adressant à nous, femmes, professionnelles de la psychothérapie, demain à d’autres, hommes et femmes thérapeutes tous concernés par ces souffrances du féminin et leurs réparations possibles.

Et si cette mise en lumière pouvait participer à une amplification d’un des chants sacrés du Vivant pour une humanité qui oserait ses infinies potentialités créatives.

Valérie Ignacio, le 28 septembre 2015

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